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Comme la langue d’Esope, l’obéissance est à la fois la meilleure et la pire des choses. Seule l’obéissance partagée à des lois communes et acceptées rend la vie en société possible. Mais certains parmi les plus grands criminels de l’histoire (Carrier à Nantes, Adolf Eichmann…) se sont réfugiés derrière les ordres reçus pour nier toute responsabilité dans les horreurs qu’ils avaient commises. C’est l’obéissance du Christ à son Père qui nous rachète. Mais l’obéissance à l’autorité est bien souvent l’ultime argument opposé à ceux qui s’inquiètent des ruptures qu’ils observent entre l’enseignement traditionnel de l’Église et les pratiques contemporaines. C’est dire l’actualité et l’importance d’avoir une notion juste de l’obéissance.
À la lumière de la philosophie, de l’histoire et de l’enseignement de l’Église l’auteur s’est attaché à discerner les véritables motifs de l’obéissance, mais aussi les limites à cette obéissance qui peuvent parfois justifier, dans la société civile comme dans l’Église, d’apparentes désobéissances. Un plan clair et simple permettra au lecteur de suivre une démarche qui se veut progressive et pédagogique :
1- Éloge de l’obéissance, avec en particulier un développement sur l’origine des lois.
2- Obéir ou ne pas obéir ? Telle est la question. Ou comment l’histoire a légitimé certaines désobéissances, apparentes ou réelles.
3- La ligne de crête : ni obéissance servile ni libre examen. De l’objection de conscience à l’obéissance chrétienne.
Ancien élève de l’École navale et ancien président du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, Jean-Pierre Maugendre est directeur de l’association Renaissance catholique. Il anime sur TV Libertés une émission d’information religieuse, Terres de Mission, et collabore au Club des Hommes en noir sur la chaîne de L’Homme nouveau. Il vient de publier aux Éditions Contretemps un coup d’œil politico-religieux sur les vingt dernières années : Quand la mer se retire. La tragédie de l’Église au XXe siècle.
Petit livre de réflexions bien utile en nos temps de crise. Notre ami Jean-Pierre Maugendre s'interroge sur l'obéissance. La voilà donc en question. Evidemment, il s'agit au premier chef de l'obéissance religieuse. Mais – et l'auteur le montre – la même question se pose dans la vie civile et militaire. Est-il même permis d'obéir à des ordres injustes, de nature profondément immorale ? Les militaires qui sauvèrent leurs harkis en 1962, tout en désobéissant formellement, accomplissaient le plus juste des devoirs. Ce sera bientôt le cas des médecins, des infirmiers, de toutes les professions de santé. Et bientôt de tous les métiers !
Ce fut et c'est encore une erreur de placer l'obéissance au sommet de toutes les vertus. Elle n'est pas théologale, sauf précisément quand elle s'inscrit dans le cadre de la Foi qui exige l'obéissance à Dieu – et non aux hommes ! elle trouve sa place dans le cadre des vertus cardinales entre la justice et la force. Bref, elle doit être intelligente et, en tant que telle, relève de l'intelligence de la foi d'une part, et de l'intelligence de la situation d'autre part, sous le regard de la prudence. Elle n'est qu'un moyen. Et c'est un abus de l'autorité, quelle qu'elle soit, d'en faire une fin. Généralement en vue d'imposer sa décision qui peut être en elle-même un choix immoral et injuste, en totale désobéissance par rapport à la foi ou à la loi supérieure, divine et humaine. Tel Créon face à Antigone.
Telles nos autorités, religieuses ou politiques, qui invoquent leur propre magistère pour contester le magistère antérieur ! Et forcer fidèles et citoyens à contrevenir à l'ordre éternel pour suivre leurs ordres du moment. Quel retournement et quelle dérision !
Hilaire de Crémiers
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