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Si de nombreuses villes de France possèdent une rue Villebois-Mareuil, c’est que ce soldat qui a marqué l’histoire est aujourd’hui bien oublié.
Pourquoi ce colonel, soldat exemplaire, officier apprécié par ses hommes, ayant l’armée chevillée au corps, a-t-il volontairement mis un terme à sa carrière ? Qu’a-t-on retenu de sa ferveur catholique ? Qu’a-t-on reconnu de son talent d’écrivain, illustré notamment par ses études militaires ? Que sait-on précisément de sa fin tragique en terre sud-africaine, où il prêta main forte aux Boers en guerre contre les Anglais ?
2025 étant l’année du 125e anniversaire de la mort de Georges de Villebois-Mareuil (1847-1900), l’auteur, qui passe très régulièrement devant sa statue à Grez-en-Bouère (trop souvent confondue avec un monument aux morts), nous rappelle ici, en allant à l’essentiel, la singulière destinée de ce héros de la fin du XIXe siècle.
Christian Galvez a publié une demi-douzaine de récits et nouvelles traitant notamment de la sauvegarde de la planète (il a été directeur du développement durable dans une grande entreprise publique) et de l’Algérie française (il a passé une partie de son enfance dans ce pays). Son livre Les mains vides et les pieds-noirs a fait l’objet d’une numérisation par la BnF. Il est aussi l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
Chaque époque a les héros et les saints qu'elle mérite. La nôtre en est privée à quelques exceptions près (le colonel Beltrame, Carlo Acutis...) car la Foi, l'idéal, le panache ont abandonné la majorité de nos contemporains. Alors, cherchons dans les siècles passés ces héros qui trouvaient, souvent dans des contrées lointaines, de quoi satisfaire leur volonté d'action, leur sens de l'honneur, de la justice et de la liberté.
C'est le cas du colonel Georges de Villebois-Mareuil, issu d'une vieille lignée aristocratique, cartholique et royaliste, aujourd'hui totalement oublié et qui fut pourtant un brillant soldat avant d'être le « La Fayette de l'Afrique Australe ». [...] Christian Galvez, en peu de pages, vous résume parfaitement sa vie et sa mort glorieuse au service d'une cause juste loin de sa terre natale. Mais, comme Charette, qu'il admirait, il s'engagea dans des causes perdues d'avance. Ne sont-elles pas les plus nobles ? Comme tout aîné de famille, il embrassa la carrière des armes et devint à 45 ans le plus jeune colonel de l'armée française. Cela ne l'empêchait pas d'écrire, avec talent, romans et, bien sûr, de nombreuses études militaires dont, plus tard, son « carnet de campagne » rédigé en Afrique du Sud sur la guerre des Boers, ouvrage réédité par Bernard Lugan, le grand africaniste.
Désabusé, il démissionna de l'armée à 47 ans mais une telle personnalité ne pouvait rester l'arme aux pieds et s'occuper de son jardin. Il lui fallait une grande et noble cause et ce fut la guerre des Boers, pour laquelle il s'engagea en novembre 1899. Cinq mois après, élevé au grade de général dans l'armée des Boers, il meurt en héros à la bataille de Boshof le 5 avril 1900 à la tête de ses hommes (une légion étrangère au service des Boers), à un contre dix. Cela nous rappelle exactement le sacrifice du capitaine Danjou à Camerone au Mexique le 30 avril 1863, mourant plutôt que de se rendre face à 3000 cavaliers mexicains. De telles figures ont marqué à jamais l'histoire de France et enrichi le roman national. Il est de notre devoir de mémoire de nous le rappeler et de l'enseigner à nos enfants afin qu'ils soient fiers de leur pays et de ceux qui contribuèrent à sa grandeur et à son rayonnement.
Olivier Destouches
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